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LA SYMBOLIQUE DE LA CEINTURE

 - Entre modernité et tradition 

La ceinture se nomme "dai" en vietnamien, c'est une pièce importante du VO PHUC (vêtement de pratique) qui possède une grande richesse symbolique. Le point de départ provient de l'habitude que l'on avait d'accrocher des armes à sa ceinture. Dans un contexte social où les agressions de toutes sortes étaient monnaie courante, accrocher ses armes à sa ceinture, c'est à dire à portée de mains  était  un signe d'intelligence et de nécessité de défense bien pensé. Pour le travail dans les champs, on repliait les vêtements longs dans sa ceinture. Manier les outils devenait plus facile et plus rapide, le port de la ceinture procurait donc un travail plus efficace.
La ceinture soutient souvent un vêtement qui cache les parties sexuelles. D'où le lien avec le plaisir vénérien et la jouissance sensuelle. La taille est la zone corporelle où se marque la discipline des sens. On porte une ceinture pour signifier les privations qu'exigent  la vie spirituelle. 
D'un point de vue psychologique, mettre une ceinture revient à s'apprêter pour agir. L'homme ou la femme mettant une ceinture à sa taille obtenait ainsi une nouvelle valeur symbolique, une valeur ajoutée  de leur corps. 
Le positionnement du noeud a, à lui seul, sa propre signification. Dans les arts martiaux Vietnamiens ou sino-vietnamien, les hommes portent le nœud de leur ceinture à gauche (yang) et les femmes le portent à droite (yin). Seuls les maîtres ou les instructeurs peuvent porter le nœud au milieu, au centre (équilibre yin yang). 
Les nœuds possèdent dans son symbolisme, une signification d'attachement à un état déterminé mais également une notion de détachement (et oui un noeud ce fait et se défait...) ce qui en fait un symbole plutôt ambiguë. Autant porteur d'espoir que d'instabilité, le nœud doit être noué avec attention et technicité, sinon il ne tient pas et se détache. Mais le noeud doit être aussi dénoué avec intelligence et patience, sinon, il se reforme de lui-même, plus serré et difficile à défaire, il faut être conscient des réalités. Les problèmes, les entraves ou les attachements, nos chaînes, nos prisons socio-culturelle, tout ceci est symbolisé par le noeud.
Symbole de rencontres, les nœuds sont également très présents chez de nombreux peuples pour affiner et consolider les liens.
Dans les philosophies asiatiques, le noeud aurait une tendance à symboliser l’ascétisme. L'ascétisme étant, dans ce sens, un effort visant à la perfection spirituelle par une discipline constante de vie.
Ce qui se rapporte à un détachement des choses matérielles considérées comme superflues, desquelles il faut se débarrasser. Ces détachements, sont effectués dans l’idée que les effets sur l’homme de certains actes et certaines pensées l'empêchent d’avancer et d’évoluer correctement. L’ascétisme demande un grand travail sur soi-même qui amène des sacrifices desquels on retirera des leçons qui nous feront évoluer.
L’ascétisme est souvent perçu comme un nœud intérieur qui se détache au fur et à mesure que nous arrivons à dépasser les actes et les pensées résiduels qui nous habitent.
Placée sur la taille au niveau du Dan Tian inférieur elle symbolise l'homme en son centre, entre le ciel (haut dessus de la ceinture) et la terre (en dessous de la ceinture), nourrit par les énergies spirituelles du ciel ainsi que les énergies matérielles de la terre. L'homme est le réceptacle du corps et de l'esprit.
La ceinture est aussi un outil de la pratique, elle se doit d'être plus ou moins serrée, de façon  à éveiller ou de ne pas entraver les sensations du pratiquant. Cet usage essentiel appartient au fond chinois. Pour exemple pour les styles de Nord Vietnam, essentiellement des Vo sino-vietnamien comme le style Tieu Lam, qui signifie Shaolin en vietnamien (Tieu = petit, Lam = forêt), le port de la ceinture à la chinoise est de coutume. Rappelons que le Viet Vo Dao peut géographiquement se diviser en 3 zones, sud Vovinam, centre Bin Dinh et nord Thieu Lam. A l'origine il n'y avait qu'une seule couleur de ceinture, ceci dit chaque école ou lignée martiale possédait son système de fonctionnement. Ces systèmes n'étaient pas comparables et ne pouvaient être mis en correspondance. Le port d'une ceinture n’était  pas unanime, loin de là.
Toutefois un dénominateur commun si, le port de la ceinture était de rigueur, était le nœud que les maîtres ou les instructeurs attachaient devant plutôt que sur le coté des hanches, ce qui les distinguaient d'un coup d’œil des autres pratiquants. Le fait de porter la ceinture avec le nœud au milieu en dehors de son vo-duong (salle d'étude), en présence d’autres maîtres lors d'une assemblée, rassemblement ou autre, était un manque de respect notoire, voire même de défit. 
Le port de ceintures de couleurs est une pratique relativement récente dans les arts martiaux. C'est le fondateur du Judo, Jigoro Kano qui conçut et adopta ce sytème. Malgré son origine Japonaise, un tel système pour définir un supposé niveau est un concept bien plus occidental qu'asiatique. 
Dans le GPEAMV nous n'utilisons pas le système de grade mis en place par le conseil des maîtres de la fédération internationale de Viet Vo  Dao en 1977. Ce système est d'inspiration japonaise car il emploi des barrettes "cap" en Vietnamien ainsi que des ceintures de différente couleurs selon les niveaux. Nous avons choisis le port de la ceinture large traditionnelle nouée sur le côté des hanches qui est d'inspiration sino-vietnamienne donc plus intrinsèque au Viet Vo Dao. Nous avons notre propre système qui a pour objectif de motiver les élèves et de vérifier leur progression. Progression qui va bien au-delà de simples critères sportifs, ce n'est pas un système de grade sportif et il ne sanctionne pas des qualités sportives. Il marque l'évolution dans le niveau des connaissances générales de l'art martial vietnamien traditionnel. L'objectif de ce système de grade est le suivant :

"l'objet du jalonnement de l'évolution technique est de baliser le parcours de la pratique, sur le plan technique bien entendu, mais aussi d'apporter au vécu du pratiquant durant les premières années. Il répond à un besoin de soutien, ainsi qu'à celui de repérage pour l'élève qui a besoin de se situer. 
L'intérêt pédagogique de ce jalonnement de grade ne doit pas être déconsidéré, il peut être autre chose qu'une carotte qui fait avancer. Ce jalonnement stimule et aide le jeune pratiquant. Revêtu d'un symbole authentique, correctement utilisé par un bon pédagogue, il peut apporter énormément au pratiquant et l'aider à franchir ses étapes intérieures. Notamment dans la quête de l'identification et de l'affirmation de soi durant les premières années."*

Il est important de savoir, comprendre et conserver les traditions de notre art martial.

*extrait du manifeste de l'Institut des arts martiaux vietnamiens viet vo dao 

 

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LA SYMBOLIQUE DES CEINTURES

Les ceintures fédérales 

 

 

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- Débutant : la ceinture est toute blanche symbole de pureté, c'est l'essence de l'art martial. 

- 1 CAP : la ceinture est blanche avec une barrette bleu, la graine de la bonté est sélectionné .
Le bleu symbolise la bonté, l’amour, un amour immense rempli de bonté. Il représente aussi la tolérance, la souplesse, le respect, l’honnêteté et la conciliation, qui sont des valeurs fondatrice et intrinsèque de l'art martial.

- 2 CAP : la ceinture est blanche avec deux barrettes bleu, la graine de la bonté est cultivé.

- 3 CAP : la ceinture est blanche avec trois barrettes bleu, la graine de la bonté a germé.

- 4 CAP : la ceinture est blanche avec quatre barrettes bleu, la bonté grandi avec force.

- Bleue : la  ceinture est toute bleue, la bonté est, à ce stade l'art martial peu se révéler, c'est la ceinture de l'initiation.

- Noire : la ceinture est toute noire, l'art martial est à fleur de peau.

- 1 DANG : la ceinture est noire et bordé de rouge avec une barrette rouge, le rouge symbolise le sang, l'art martial pénètre dans la peau. 

- 2 DANG : la ceinture est noire et bordé de rouge avec deux barrettes rouge, l'art martial à pénétré la peau.

- 3 DANG : la ceinture est noire et bordé de rouge avec trois barrettes rouge, l'art martial imprègne le corps.

- 4 DANG : la ceinture est toute rouge, l'art martial pénètre dans le sang.

- 5 DANG : la ceinture est rouge avec une barrette blanche, l'art martial à pénétré le sang et nourris les os.

- 6 DANG : la ceinture est rouge et blanche à damier, l'art martial à pénétré les os.

 


Nos ceintures 

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Les couleurs de ceintures sont basées sur les 5 éléments. La théorie des 5 éléments positionne tout ce qui est dans l’univers avec une stratégie Ciel (macrocosme de l’homme), Homme (avec ses organes entrailles, son système physiologique, anatomique) et Terre (microcosme de l’homme).Chacun de ces éléments a une couleur précise, sorte d’emblème qui possède des propriétés caractéristiques.

 

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Même si les ceintures sont des grades, elles représentent plutôt cinq processus fondamentaux, cinq caractéristiques, cinq phases d'un même cycle, cinq potentialités de changement. 
Après la ceinture jaune nous n'avons pas d'autre grade. 
La ceinture jaune marque l'appartenance au GPEAMV. 

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Pour lui donner une symbolique, nous pouvons dire que "Le jaune génère le Yin et le Yang" estimant que le jaune est le centre de toutes les couleurs. Le jaune est la couleur orthodoxe positionnée dans le centre symbole de l'énergie Terre et c’est la couleur de la neutralité. Le centre de notre étude étant la pratique la ceinture Jaune représente l'axe, la pratique qui mets les énergies en mouvements. 
Dans la mythologie chinoise le dragon est le démiurge, le créateur, son sang de couleur jaune et noir y symbolise une étincelle, le commencement, le Taiji. Le jaune émerge du noir, comme la terre émerge des eaux primordiales. 
Associer et apposer une ceinture jaune sur une tenue noire, représente l'étincelle, juste un commencement ... un nouveau cycle. 

 

La continuité de la pratique, une seule ceinture, la ceinture jaune. 

Pour expliquer ce choix voici un extrait du livre FORGER LE DRAGON de maître Francis FOURNIER :

"l'habitude occidentale de sanctionner les études par l'attribution d'un qualificatif ou d'un papier que l'on appelle souvent diplôme, va hiérarchiser la progression des pratiquants. À croire que l'étude pour l'étude n'est pas valable et qu'elle ne le devient que s'il y a une carotte au bout. Ainsi apparaissent les grades, dans un système qui n'existait pas dans l'Asie Traditionnelle. S'ils peuvent avoir un intérêt de motivation chez le débutant, ils influencent beaucoup plus qu'on ne le pense la mentalité des pratiquants et les éloignent de la perception de l'Art. 
Comment les grades, stimulateurs de l'auto-satisfaction et des désirs de la personnalité, gratifiant l'ego, peuvent-ils être compatibles avec les sommets philosophiques de l'Art qui, pour êtres atteints  demandent le dépassement de cette personnalité et de destruction de l'égo ?" 

 


 

"On ne fait pas pousser une plante en lui tirant dessus."